Perdre du poids et d'autres raisons pour lesquelles Evenepoel ne concourra pas avant le Tour : "Je crois toujours en l'Evenepoel grimpeur"
Remco Evenepoel affrontera l'une des préparations les plus atypiques de sa carrière avant le Tour de France 2026. Le leader de Red Bull-BORA-hansgrohe n'a pas participé à de course depuis Liège-Bastogne-Liège et continuera ainsi jusqu'au départ du Tour le 4 juillet prochain à Barcelone, une décision qui le conduira à accumuler jusqu'à 68 jours sans compétition.
Remco Evenepoel jouera le Tour sans compétition pendant 68 jours : la stratégie de Red Bull pour "maintenir le contrôle"
Cette mesure a suscité des débats dans le peloton, notamment parce que des rivaux directs pour le Tour, comme Seixas, Almeida, Ayuso ou Del Toro, seront au Critérium du Dauphiné, et d'autres comme Pogacar, Pidcock ou Van der Poel seront au Tour de Suisse. Cependant, tant son équipe que le sélectionneur belge Serge Pauwels défendent que cette préparation spécifique peut être la meilleure voie pour qu'Evenepoel arrive au Tour à son niveau maximum.
Red Bull mise sur les entraînements et l'altitude
Bien que le Dauphiné figurait initialement dans le calendrier du belge, Red Bull-BORA-hansgrohe a modifié les plans début mai. Depuis lors, Evenepoel travaille sur un long bloc de préparation en Sierra Nevada axé sur la récupération, l'adaptation à l'altitude et le travail spécifique pour la montagne.
De l'équipe, ils ont expliqué que "les longues séances d'entraînement d'endurance constituent la base" de cette période et que par la suite, le travail sera orienté vers des efforts plus spécifiques. L'objectif est que le champion olympique arrive préparé pour performer au maximum dans les grands cols du Tour.
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La décision s'inscrit également dans la nouvelle structure qui entoure Evenepoel. Après une première partie de saison irrégulière, l'équipe a intégré Tim Heemskerk, ancien entraîneur de Jonas Vingegaard chez Visma-Lease à Bike, pour diriger la préparation du belge en vue des grandes courses.
Dans des déclarations à WielerFlits, le sélectionneur national belge Serge Pauwels a entièrement soutenu l'approche.
"Dans le passé, nous avons vu que Remco a tendance à sortir de ce type de bulles d'entraînement en très bonne forme pour les grandes courses ou les championnats. Je ne pense pas que ce soit le problème. En hiver, c'est exactement la même chose et ensuite il gagne dès sa première course. Dans les entraînements, vous pouvez également vous concentrer et travailler sur tous les aspects que vous souhaitez encore perfectionner. L'époque où il fallait courir pour être en forme est révolue", a expliqué Pauwels au média néerlandais.
Le technicien considère que le travail spécifique offre des avantages que les courses ne permettent pas.
"Bien que je pense toujours que la compétition n'est pas une mauvaise chose, peut-être que je veux simplement garder toute l'attention mentale sur le Tour. Faire tout parfaitement et contrôler tout. Et cela, bien sûr, s'obtient mieux en s'entraînant", a-t-il ajouté.
Le poids et la montagne, clés de la transformation de Remco
La stratégie répond également à une réalité qu'Evenepoel a rencontrée ces dernières années : performer au maximum dans les classiques et le faire dans la lutte pour le général du Tour exige des profils physiques différents.
Pauwels a expliqué que "les classiques nécessitent un type d'effort différent de celui qui détermine le classement général du Tour dans les cols". C'est pourquoi la préparation passe par la modification des entraînements, le travail d'intervalles spécifiques en montagne et même la recherche d'une légère réduction de poids.
"Peut-être un ou deux kilos de moins. Ce sont des choses que vous pouvez parfaitement contrôler pendant l'entraînement et un peu moins pendant la compétition", a-t-il signalé.
De plus, il rappelle que le renoncement au Dauphiné ne signifie pas seulement perdre une semaine de compétition.
"Il ne s'agit pas seulement de cette semaine. Avant, vous devez réduire la charge d'entraînement pendant plusieurs jours et ensuite vous avez besoin de temps pour récupérer. Au final, nous parlons d'environ deux semaines. Ce ne sont pas deux semaines perdues, mais deux semaines où vous avez moins de capacité pour corriger des choses ou travailler exactement sur les aspects que vous souhaitez améliorer", a-t-il argumenté.
Le défi de redevenir prétendant au podium
La grande question est de savoir si cette préparation sera suffisante pour ramener Evenepoel au niveau montré lors du Tour de France 2024, où il a terminé troisième.
Depuis lors, le belge a brillé surtout dans des courses d'un jour, des championnats et des épreuves explosives, tandis que ses résultats dans les tours WorldTour ont été plus irréguliers.
Cependant, Pauwels reste convaincu qu'Evenepoel peut rivaliser pour le général des grandes courses.
"Je crois toujours en l'Evenepoel grimpeur. Pourquoi devrais-je cesser de croire en lui ? Il a déjà gagné la Vuelta et a été troisième au Tour. Dans cette équipe, ils ont les connaissances nécessaires pour le mettre sur la ligne de départ dans les bonnes conditions. Et avec une préparation aussi spécifique et professionnelle, je pense que tout ira bien", a assuré le sélectionneur belge à WielerFlits.
Un Tour de plus en plus difficile
L'optimisme de Pauwels ne l'empêche pas de reconnaître que la concurrence n'a jamais été aussi forte.
"Nous avons un Vingegaard de premier niveau, peut-être aussi bon que celui qui a gagné le Tour deux fois. Pogačar n'a certainement pas empiré. Et en plus, il y a Paul Seixas, qui pourrait également se mêler à la lutte pour le classement général. Si nous regardons ces trois coureurs avec perspective, nous vivons une époque très particulière du cyclisme", a-t-il affirmé.
Pourtant, il a conclu par une note de confiance en son compatriote : "Remco a clairement sa place parmi eux".
Avec 68 jours sans dossard et une préparation complètement contrôlée depuis la Sierra Nevada, Evenepoel arrivera au Tour de France devenu l'un des grands paris de la saison. L'incertitude est de savoir si l'entraînement peut remplacer la compétition lorsqu'il fera face à deux rivaux qui ont dominé le cyclisme par étapes ces dernières années : Tadej Pogačar et Jonas Vingegaard.