Que signifient les couleurs du maillot arc-en-ciel et qui a été le premier champion du monde ?
Dans toutes les disciplines cyclistes, il existe un plafond, et ce plafond est aux couleurs de l’arc-en-ciel. Le Graal pour tout cycliste est d’enfiler le maillot qui l’accrédite comme champion du monde. Une tenue immédiatement reconnaissable qui accompagne le vainqueur pendant toute la saison suivante. Mais que signifie réellement le maillot arc-en-ciel ? D’où viennent ses couleurs et qui peut le porter ?
L’histoire du maillot arc-en-ciel
Le maillot arc-en-ciel sera à nouveau particulièrement présent dans les prochains jours avec les Championnats du monde sur route de Montréal 2026. Ce dimanche 20 septembre, Marlen Reusser tentera de conserver son titre tandis que, chez les hommes, Remco Evenepoel tentera de décrocher son quatrième titre mondial consécutif du contre-la-montre, après ses victoires en 2023, 2024 et 2025. 
Une semaine plus tard, le nouveau champion du monde sur route sera sacré. Cette fois, le changement de propriétaire est assuré puisque Tadej Pogačar ne pourra pas défendre son maillot arc-en-ciel. Le Slovène a mis fin à sa saison en raison des blessures subies lors de sa chute sur La Vuelta a España et ne sera pas présent à Montréal.
Mais d’où vient le maillot arc-en-ciel ?
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Il est un élément quasiment indissociable de l’histoire du cyclisme : le maillot arc-en-ciel identifie l’actuel champion du monde UCI. Route, VTT, gravel, cyclo-cross, piste, BMX et toutes les autres disciplines reconnues par l’UCI ont leurs propres champions du monde, et les bandes arc-en-ciel permettent de les identifier immédiatement.
Le design se compose de cinq bandes horizontales bleue, rouge, noire, jaune et verte sur fond blanc, une combinaison étroitement liée à l’identité visuelle de l’UCI et du cyclisme mondial.

Ces cinq couleurs sont les mêmes que celles utilisées sur les anneaux olympiques conçus par Pierre de Coubertin au début du XXe siècle. Elles ont traditionnellement été associées aux cinq continents — Europe, Asie, Afrique, Amérique et Océanie —, même si Coubertin lui-même n’a jamais officiellement attribué une couleur précise à chaque continent. L’idée était que, associées au blanc du fond, ces couleurs permettaient de représenter les drapeaux de tous les pays participant aux Jeux à cette époque.
Au fil des décennies, les cinq bandes sont devenues à elles seules l’un des symboles les plus reconnaissables du cyclisme.
Le maillot arc-en-ciel possède également une marque qui est liée à sa fabrication depuis plusieurs décennies. Santini entretient une relation avec l’UCI depuis 1988 et reste aujourd’hui son partenaire officiel. Les deux parties ont récemment renouvelé leur accord jusqu’en 2031, de sorte que la marque italienne continuera à produire les maillots officiels de champion du monde UCI dans les prochaines années. L’UCI situe précisément à 1994 le début de la production des maillots arc-en-ciel par Santini.
Quand porte-t-on le maillot arc-en-ciel ?
Dans le serpent multicolore que forme un peloton cycliste, certaines couleurs ont toujours une signification bien plus importante que les autres. Selon la course, un maillot identifie le leader du classement général, de la montagne, des points ou d’un autre classement, indépendamment de l’équipe à laquelle il appartient.
Mais l’arc-en-ciel joue dans une tout autre catégorie. Il n’identifie pas le leader provisoire d’une course, mais le coureur qui a remporté le dernier Championnat du monde de sa discipline.
Le champion peut le porter pendant toute l’année, jusqu’à la tenue des Mondiaux suivants, mais uniquement lorsqu’il dispute la discipline, l’épreuve et la catégorie dans lesquelles il a remporté son titre.

Cela explique certaines situations qui peuvent parfois sembler étranges au spectateur. Être champion du monde sur route ne permet pas de porter le maillot arc-en-ciel lors d’un contre-la-montre individuel, de même qu’être champion du monde de XCO ne donne pas le droit de courir avec l’arc-en-ciel en XCC, en gravel ou en cyclo-cross si le coureur ne possède pas également ce titre.
Un exemple particulièrement clair est actuellement fourni par Remco Evenepoel, qui peut courir avec l’arc-en-ciel lors des contre-la-montre grâce à ses trois titres mondiaux consécutifs de 2023, 2024 et 2025. Ce dimanche, à Montréal, il aura l’occasion de prolonger cette situation pour une année supplémentaire s’il décroche son quatrième titre consécutif.

Alfredo Binda, premier champion du monde à le porter
L’Italien Alfredo Binda a été le premier champion du monde professionnel sur route, en 1927, après s’être imposé au Nürburgring lors de la première édition des Championnats du monde réservée aux professionnels.
Il a fallu attendre plus de trois décennies pour voir une femme devenir championne du monde. La Luxembourgeoise Elsy Jacobs a remporté à Reims, en 1958, le premier Championnat du monde féminin sur route. L’UCI situe précisément en 1958 l’intégration de l’épreuve féminine au programme des Mondiaux.

Depuis, l’arc-en-ciel s’est étendu au fur et à mesure que l’UCI intégrait de nouvelles disciplines, épreuves et catégories à ses Championnats du monde. De la route et de la piste, il est également venu identifier les champions du monde de VTT, de cyclo-cross, de BMX, de gravel et de nombreuses autres disciplines.
Les bandes arc-en-ciel restent après la perte du titre
Remporter un Championnat du monde permet de porter le maillot arc-en-ciel complet pendant environ un an, mais avoir été champion du monde laisse une trace pour le reste de la carrière sportive du coureur.

Lorsqu’un coureur n’est plus le champion du monde en titre, il peut intégrer les fameuses bandes arc-en-ciel à certaines parties de sa tenue. C’est pourquoi on les retrouve souvent sur les manches ou sur d’autres détails du maillot des anciens champions du monde.
C’est une distinction beaucoup plus discrète que le maillot complet, mais pour tout passionné, elle rappelle immédiatement que ce coureur a un jour atteint le sommet de sa discipline.