« Sur toutes les courses et le plus rapidement possible » : l’UCI durcit sa position et veut des traceurs GPS sur tous les vélos et véhicules du peloton

Route 07/09/26 08:15 Migue A.

L'UCI veut accélérer définitivement l'implantation de systèmes de localisation en temps réel dans le cyclisme professionnel. Après des mois de discussions et d'essais, l'organisme international considère qu'il n'est plus possible d'attendre que toutes les parties parviennent à un accord et réclame que les cyclistes et les véhicules puissent être monitorisés "dans toutes les courses" et "le plus rapidement possible", en commençant par le WorldTour masculin et féminin.

Le nouvel élan arrive à peine quelques semaines après la mort de Finlay Tarling lors de la Volta au Portugal. Le britannique, âgé de seulement 19 ans, a perdu la vie le 14 août dernier après avoir subi un accident lors de la huitième étape de la course portugaise.

La tragédie a de nouveau placé la sécurité au centre du débat et, cette fois-ci, l'UCI semble prête à accélérer une mesure qu'elle tente d'introduire depuis plus d'un an.

L'UCI veut connaître en temps réel où se trouvent tous les cyclistes et véhicules d'une course

Le Conseil de Cyclisme Professionnel (PCC) s'est réuni les 1er et 2 septembre au siège de l'UCI à Aigle. Une bonne partie des conversations a été centrée sur la sécurité et, en particulier, sur les systèmes GPS de suivi. Le problème est que les différentes parties impliquées n'ont toujours pas présenté de proposition conjointe.

Face à ce manque d'accord, l'UCI a décidé de prendre l'initiative et a annoncé qu'elle travaillerait sur les protocoles et le cadre réglementaire nécessaires pour introduire un système spécifique capable de connaître en temps réel la position des cyclistes et des véhicules pendant les courses professionnelles. L'intention est de commencer par les épreuves UCI WorldTour et UCI Women's WorldTour et d'étendre par la suite le système.

L'objectif principal n'est pas d'offrir de nouvelles données pour les retransmissions ni de générer des informations commerciales, mais de disposer d'un outil de sécurité capable de détecter rapidement des situations anormales. Si un cycliste s'arrête de manière inattendue ou se retrouve hors du parcours sans que personne ne remarque son absence, sa position pourrait être connue immédiatement par les responsables de course et les services d'urgence.

David Lappartient a également durci le message adressé aux différentes parties du cyclisme professionnel. Le président de l'UCI considère qu'il est temps de laisser de côté les désaccords lorsque la sécurité est en jeu et soutient que celle-ci ne doit pas être subordonnée à des intérêts commerciaux.

suivi gps uci
Actuellement, certains cyclistes portent le dispositif de Velon.cc qui nous permet de profiter de données prises en course

Une mesure qui est née après la mort de Muriel Furrer et qui est bloquée depuis plus d'un an

L'idée n'est pas nouvelle. Son origine est directement liée à l'un des épisodes les plus durs que le cyclisme a récemment vécu. Muriel Furrer a subi une grave chute lors de l'épreuve junior féminine des Championnats du Monde de Zurich 2024 et est restée pendant une longue période sans être localisée. À la suite de ce qui s'est passé, l'UCI a décidé de promouvoir un système permettant de géolocaliser par GPS tous les cyclistes lors des Championnats du Monde.

Le projet est ensuite passé de la théorie aux premiers essais réels. L'UCI a choisi le Tour de Romandie Féminin de 2025 pour réaliser un essai dans lequel une cycliste de chaque équipe devait utiliser le dispositif. Et c'est alors que les problèmes sont apparus.

Six équipes — Lidl-Trek, Canyon SRAM, EF Education-Oatly, AG Insurance-Soudal, Visma-Lease a Bike et Picnic PostNL — ont été exclues du Tour de Romandie Féminin après avoir refusé d'installer le dispositif. Parmi les questions soulevées figuraient la responsabilité en cas d'incidents et la coexistence avec les investissements réalisés par certaines équipes dans d'autres systèmes de suivi.

Ce conflit a mis en évidence que pratiquement tous pouvaient partager l'objectif d'améliorer la localisation des coureurs, mais pas nécessairement la manière d'implanter le système.

gps localisateur UCI
Le dispositif de Velon sur le vélo de Paul Seixas

L'UCI semble prête à avancer même sans consensus

Un an plus tard, le ton de l'organisme international a changé. La phrase utilisée dans son dernier communiqué est particulièrement significative : l'UCI parle expressément d'agir face "à l'absence d'une proposition conjointe" entre les différentes parties. En d'autres termes, le consensus qui était recherché jusqu'à présent n'est pas arrivé et l'intention est que cela ne retarde pas davantage la mesure.

Le système a déjà été utilisé pour toutes les catégories lors des Championnats du Monde sur route de Kigali 2025 et sera de nouveau employé lors des Championnats du Monde de Montréal 2026, en plus de rester en vigueur lors des futures éditions des Championnats du Monde. Le prochain saut que propose l'UCI est d'apporter ce type de suivi au calendrier professionnel habituel.

Il n'existe pas encore de date précise pour que tous les coureurs du WorldTour commencent obligatoirement à concourir avec ces dispositifs. Les caractéristiques techniques définitives, qui fournira les localisateurs ou comment toutes les données générées seront gérées n'ont pas non plus été détaillées. Ce qui a changé, c'est la position de l'UCI qui ne veut plus attendre.

Nouvelles barrières de sécurité obligatoires à partir de 2027

Le suivi GPS n'est pas la seule mesure de sécurité abordée lors de la réunion du PCC. À la proposition de SafeR, l'UCI souhaite également établir des normes spécifiques pour les barrières installées dans les derniers centaines de mètres des courses. Les nouvelles exigences découleront d'une étude réalisée par la Haute École Spécialisée de Suisse Occidentale Valais-Wallis.

Son introduction sera progressive. Les courses UCI WorldTour et UCI Women's WorldTour seront les premières à devoir utiliser des barrières adaptées à ces normes à partir de la saison 2027, avant d'étendre l'obligation au reste des catégories.

Les propositions abordées par le Conseil de Cyclisme Professionnel seront soumises au Comité Directeur de l'UCI, elles doivent donc encore recevoir leur approbation définitive pour entrer en vigueur.

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