Le coup de colère d’Evenepoel en pleine course et ses explications sur sa performance à Montréal
Remco Evenepoel a été l'un des protagonistes des moments les plus tendus du GP de Montréal lorsqu'il s'est retrouvé bloqué par Toms Skujiņš juste au moment où Quinn Simmons lançait une attaque. Le Belge a réagi visiblement en colère, bien qu'après la course, il n'ait pas utilisé l'incident comme explication pour sa cinquième place et ait simplement reconnu qu'il n'avait pas eu de bonnes sensations.
La colère d'Evenepoel contre Skujiņš en pleine finale du GP de Montréal
Evenepoel arrivait à Montréal comme l'un des principaux favoris après avoir gagné deux jours plus tôt le GP de Québec, mais la deuxième classique canadienne s'est avérée beaucoup plus compliquée pour lui.
Le moment le plus polémique s'est produit dans la phase décisive de la course, lors de l'avant-dernière montée au Mont Royal. Lidl-Trek avait pris position en tête et Toms Skujiņš venait de faire son relais. Le Letton a alors commencé à se laisser tomber sur un côté de la route tandis que son coéquipier Quinn Simmons accélérait pratiquement en même temps de l'autre côté.
Evenepoel circulait juste derrière Skujiņš et s'est retrouvé avec sa trajectoire bloquée. Il a dû freiner et a immédiatement réagi en montrant sa colère, d'abord verbalement puis avec un geste évident lorsqu'il a réussi à dépasser le coureur de Lidl-Trek. Skujiņš a répondu au Belge, bien que l'échange ne soit pas allé plus loin.
Remco was NOT happy
— Cycling on TNT Sports (@cyclingontnt) September 13, 2026
Remco Evenepoel responds to an attack from Quinn Simmons, but is left furious after feeling he was impeded by Toms Skujiņš in Montréal pic.twitter.com/etqKA0Rz51
La manœuvre a fait que Evenepoel a temporairement perdu sa position à un moment délicat, mais il a réussi à se ressaisir et à continuer dans la lutte. En fait, il s'est ensuite retrouvé à environ 30 secondes du groupe des favoris et a été capable de réduire pratiquement cette différence en solo.
Mais le dénouement de la course avait d'autres causes. Dans le dernier tour, Paul Seixas a lancé l'attaque décisive et Evenepoel n'a pas pu répondre. Isaac Del Toro a ensuite rejoint le Français et a terminé gagnant le GP de Montréal devant Seixas, tandis qu'Evenepoel a franchi la ligne d'arrivée cinquième, à 35 secondes.
Evenepoel reconnaît qu'il n'avait pas de bonnes jambes
Après la course, Evenepoel a été assez clair sur ce qui s'était passé et n'a pas désigné l'incident avec Skujiņš comme responsable de son résultat.
« Je ne me suis pas senti bien dans la finale. Je pense que je ne m'étais vraiment pas remis de Québec et du voyage de samedi. Mais je ne me suis pas non plus rendu. Mieux vaut avoir un mauvais jour aujourd'hui que dans deux semaines ».

Le Belge avait fourni un effort important pour gagner à Québec à peine 48 heures plus tôt et a ensuite dû se déplacer jusqu'à Montréal. Evenepoel a justement critiqué les conditions de ce déplacement, effectué en bus pendant environ trois heures.
« Il ne faut pas le sous-estimer, surtout avec le peu de temps que nous avons et le voyage que nous devons faire entre les deux courses. Mais c'est pareil pour tout le monde ».
Il a également pointé un autre facteur qui historiquement ne lui est pas favorable. « Je ne me sentais pas vraiment bien. Je ne suis pas non plus habituellement à l'aise par temps humide. Et même ainsi, j'ai terminé cinquième. Si c'était un mauvais jour, alors ce n'était pas si mal ».
Evenepoel ne tire pas de conclusions pour le Mondial
Le résultat prend une importance particulière car le Championnat du Monde sur route se déroulera à Montréal dans deux semaines et utilisera une grande partie du même circuit. Mais Evenepoel ne pense pas que ce qui s'est passé ce dimanche puisse être directement transféré au Mondial.
« Je ne tire aucune conclusion d'ici. Dans deux semaines, ce sera environ 60 kilomètres de plus, je pense. Ce sera alors une course complètement différente, avec beaucoup plus de fatigue ».
Le déroulement même du GP lui a également laissé des aspects positifs. Bien qu'il ait fini par céder face aux attaques décisives, il a rappelé qu'il avait auparavant été capable de récupérer du terrain lorsqu'il semblait complètement hors de la lutte.
« À la fin, je n'ai pas pu répondre à l'attaque, mais j'ai été le seul à vraiment pouvoir combler le fossé. Ensuite, j'ai encore eu deux bons changements de rythme et enfin aussi un bon sprint ».
Evenepoel a ainsi réussi à sauver une cinquième position qui semblait compliquée lors du dernier tour. « Ça a simplement été une bonne journée d'entraînement avec un bon résultat. J'ai passé un bon week-end ».
Maintenant, sa préparation change d'objectif. Evenepoel restera au Canada et concentrera son attention d'abord sur le Mondial contre-la-montre du dimanche 20 septembre, avant de disputer une semaine plus tard l'épreuve en ligne.
« Vous allez probablement maintenant me transformer en pire coureur du monde »
La victoire à Québec avait immédiatement placé Evenepoel parmi les grands candidats au maillot arc-en-ciel. Sa défaite à Montréal, surtout après que Del Toro et Seixas aient été les deux coureurs les plus forts même sans avoir leurs meilleures sensations, change la donne pour le Mondial, mais le Belge ne semble pas particulièrement inquiet.
« Vous allez probablement maintenant me transformer en pire coureur du monde », a-t-il ironisé. Puis il a de nouveau reconnu qu'il avait simplement eu un mauvais jour. « Je n'avais vraiment pas de bonnes jambes. J'ai aussi immédiatement communiqué à l'équipe que nous ne devions pas faire un mouvement offensif, mais essayer de contrôler un peu le circuit. À la fin, je me suis amélioré, mais quand le robinet s'est complètement ouvert, c'était difficile pour moi ».
« Je ne me suis pas rendu et je suis allé jusqu'à la limite. Ça m'arrive toujours quand je viens de l'altitude, il me manque ce punch supplémentaire. Il reste deux semaines, donc tout ira bien ».
Dans deux semaines, il aura l'occasion de vérifier si, comme il l'espère, ce mauvais jour est arrivé au bon moment.