Wout van Aert déclenche les alarmes avant le Tour : “il y a très peu de choses que tu peux cacher”
La victoire de Visma-Lease à Bike lors du contre-la-montre par équipes de la troisième étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes a laissé une image difficile à ignorer : Wout van Aert s'est détaché du groupe à peine huit kilomètres après le départ. Un épisode qui, associé aux sensations qu'il avait déjà montrées lors des premiers jours de course, a alimenté les doutes sur son état de forme à moins d'un mois du Tour de France.
L'état de forme de Van Aert inquiète à moins d'un mois du Tour de France
Le Belge avait tenté de minimiser son rendement discret lors de l'étape inaugurale, où il a concédé plus de 24 minutes par rapport aux meilleurs. Il a alors expliqué qu'il arrivait à la course après avoir subi une chute lors d'un entraînement avec son vélo de contre-la-montre, accident qui lui a laissé des blessures visibles au bras et à la jambe droite. Cependant, au fur et à mesure que les jours passent, il semble de plus en plus évident que cet incident n'explique pas à lui seul les difficultés qu'il rencontre sur le vélo.
Un contre-la-montre qui a mis en lumière ses carences actuelles
Le test par équipes de 28,4 kilomètres semblait être une bonne occasion pour que Van Aert regagne en confiance. Cependant, lorsque Visma-Lease à Bike a augmenté le rythme lors de la première montée du parcours, le Belge n'a pas pu rester avec ses coéquipiers.
Après l'étape, il a ouvertement reconnu ses problèmes dans des déclarations à Sporza : “J'ai des sentiments partagés. C'est agréable d'être sur le podium avec mes coéquipiers, mais je n'ai pas le sentiment d'avoir pu beaucoup contribuer à l'équipe”.
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Il n'y a eu ni pannes, ni chutes, ni aucun incident qui justifie sa perte de contact. Il n'avait tout simplement pas les jambes nécessaires pour suivre le rythme des coureurs qui menaient la formation néerlandaise.
“Dans la première montée, c'était déjà immédiatement trop rapide pour moi. Dans un contre-la-montre par équipes, il y a très peu de choses que tu peux cacher”.
La situation a même surpris au sein de Visma-Lease à Bike. Mathieu Heijboer, responsable de la performance de l'équipe, a admis que le plan initial était très différent.
“Cela s'est produit plus tôt que prévu. Nous comptions sur le fait de pouvoir amener nos hommes forts jusqu'à la dernière montée”.

Le contraste avec ses coéquipiers augmente l'inquiétude
La situation s'est révélée encore plus frappante car, malgré la perte de Van Aert très tôt et la crevaison de Ben Tulett par la suite, Visma-Lease à Bike a terminé par gagner l'étape avec neuf secondes d'avance sur Netcompany-INEOS.
Pour Van Aert lui-même, ce résultat a servi à mettre encore plus en valeur le niveau des coéquipiers qui ont pu rester en tête.
“Quand tu roules avec des gars comme ça, ça peut faire mal. Si tu vois que je n'ai pas pu vraiment faire ma part, que Ben crève et qu'on fait quand même le meilleur temps, cela en dit long sur la force de ces gars”.
Alors que Matteo Jorgenson terminait la performance de l'équipe pour se rapprocher de la tête de la course, les regards se tournaient inévitablement vers le Belge et sa progression vers le Tour de France.
Van Aert avait déjà reconnu avant de commencer l'épreuve française qu'il arrivait en retard par rapport à ses meilleures valeurs. Trois jours plus tard, les doutes n'ont pas disparu.
“On ne s'attend pas à quelque chose comme ça à l'avance, mais nous devons garder notre calme et continuer à faire les choses correctement. Ce n'est pas agréable”.
De l'équipe, ils essaient de transmettre du calme et rappellent que la course fait partie de leur processus de préparation. Heijboer a insisté sur le fait que l'objectif principal reste d'arriver au Tour dans les meilleures conditions possibles.
“C'est un peu décevant, il faut être honnête. Mais nous regardons le tableau d'ensemble. Wout utilise cette course pour s'améliorer et il va s'améliorer”.
Le plus significatif de ses déclarations est venu lorsqu'il a évalué sa propre performance. Le vainqueur de Paris-Roubaix a reconnu qu'il s'attendait déjà à une semaine compliquée, mais pas à ce point.
“Je savais que ça allait être une semaine dure, mais je pensais que je serais à un meilleur niveau que celui que j'ai montré aujourd'hui. Chaque jour est une photographie du moment et celle d'aujourd'hui n'a pas été bonne”.

Une réflexion particulièrement pertinente compte tenu que le Grand Départ du Tour de France à Barcelone est déjà à moins de quatre semaines.
Interrogé directement sur la possibilité d'atteindre encore sa meilleure version pour la ronde française, Van Aert a évité de lancer des messages optimistes.
“Il m'est difficile de répondre à cela en ce moment. Aujourd'hui a été une journée décevante pour moi. Nous verrons comment tout évolue. Je n'ai pas l'intention de rester les bras croisés et de l'accepter”.
Les prochaines étapes du Tour Auvergne-Rhône-Alpes seront donc un test important pour mesurer si le Belge traverse simplement une phase normale de construction de forme ou s'il existe réellement un motif d'inquiétude en vue de l'un des grands objectifs de sa saison.